Sortie de Ubuntu 10.10 et basculement vers Debian « Squeeze » 6.0

Aujourd’hui, nous sommes le 10/10/10, c’est le jour de la sortie de la version 10.10 de Ubuntu – une histoire de 10 donc –

Cette nouvelle version (je parle de la déclinaison Ubuntu Desktop) semble être une version 10.04 avec de meilleurs finitions. Il n’y a pas nouveautés majeures (d’ailleurs je n’ai pas trouvé la page des « nouveautés » de cette version sur le site de Ubuntu) du coté des principaux logiciels fournis (Firefox, OpenOffice, Gnome, etc.). On a toujours le nouveau thème sombre avec les icônes de fenêtres à gauche.

La nouveauté importante semble plutôt le nouveau gestionnaire Unity du coté de la déclinaison pour Netbook de Ubuntu (UNR).

Pour revenir à la déclinaison Desktop de Ubuntu, quand on regarde la liste des fonctionnalités proposées sur cette page, sincèrement, on a l’impression d’être devant un système d’exploitation « payant » tellement il semble complet et bien fait. Cette version a beaucoup d’arguments pour séduire les utilisateurs Windows à changer.

Pour ma part, je vous écrire ces lignes avec une Debian Squeeze (la futur 6.0). Ah-Oh ! Si vous suivez ce blog, vous devez savoir que j’utilise depuis environ 3 ans, Ubuntu Desktop et que je fais la mise à jour de la dernière version de Ubuntu chaque six mois. D’ailleurs, au mois d’avril dernier, j’indiquais avoir installer la version 10.04 de Ubuntu.

Cependant, je ne vous ai pas tout dit… Voici en résumé, l’histoire qui m’a amenée vers Debian.

Quelques jours après avoir installé la version 10.04, j’ai fait un retour arrière vers la version 9.10, qui je le rappelle me semble être une excellente version de Ubuntu. Les principales raisons de ce revirement, sont un problème sur le touchpad qui se bloquait de temps en temps (je crois que c’est solutionné depuis), le thème sombre que je n’arrive pas à supporter (trop sombre/triste et les fameux boutons à gauche), et en particulier quand on ouvre OpenOffice.org Calc, où certains traits noirs sont trop visibles (gros) par rapport à la dominante blanc de Calc. Il y a aussi l’intégration trop forte à mon goût des réseaux sociaux et autres applications à la mode Cloud (pas de données sur le poste utilisateur, les données sont dans les nuages) dans l’interface de Ubuntu (en particulier l’applet indicator, le Ubuntu One (stockage de fichiers), etc.).

Toujours est-il, je suis revenu sur cette bonne version 9.10, en me disant, que je peux attendre la version 10.10 qui sera certainement mieux. J’ai donc suivi et testé les Alpha, la Beta et la version Release Candidate via une machine virtuelle. Malheureusement, le thème sombre, la mauvaise intégration de Calc dans ce thème (barres noires), l’intégration trop forte des réseaux sociaux et consorts (avec en nouveauté le Ubuntu Music Store) sont toujours là.

Il est clair que les gens de Ubuntu (Canonical) veulent séduire le grand public avec toutes ces fonctionnalités à la mode, et être une véritable alternative à Windows. Pour cela, je dis bravo (et rebravo), je pense que c’est réussi (et je souhaite qu’ils continuent dans cette voie sans perdre l’esprit « libre ». Par contre, personnellement, je suis pas vraiment séduit par ces fonctionnalités (je pense que je suis un utilisateur avancé et « vieux garçon sur son informatique »), je n’utilise pas les réseaux sociaux (trop de perte de confidentialité de données, trop éphémères (dans les relations), et les conséquences de leurs utilisations ne sont pas encore visibles (Internet étant une mémoire « permanente », dans 10 ans quand vous serez chef de quelque chose, je ne suis pas certain que cela soit bien que vos collaborateurs puisse retrouver votre vie privée (pensée, photo, vidéo, etc). Je m’égare.

En résumé, l’évolution de Ubuntu Desktop ne me convient plus en ce moment.

Donc depuis avril 2010, je réfléchissais aux alternatives.

J’ai écarté tout de suite les distributions de type Gentoo, Arch Linux, et les distributions trop peu connues. Je cherche une distribution très utilisée avec si possible un bon support sur Internet (forums, sites, etc.), c’est pour mon poste de travail de tous les jours, il ne faut pas que je passe mon temps à régler des problèmes. J’ai visité le site Distrowatch pour avoir un classement et les versions courantes des logiciels pour chaque distribution.

En gros, j’avais le choix entre Fedora, CentOS, Linux Mint et Debian. (openSUSE, aussi mais psychologiquement je suis traumatisé par mes premières expériences avec YaST il y a quelques années, donc écartée dès le début…)

  • Fedora : là aussi le cycle des nouvelles versions est rapide (chaque 6 mois), mais avec aussi ses nouveaux bugs (Fedora étant une sorte d’anti-chambre de Redhat pour les nouvelles fonctionnalités). Non.
  • CentOS : plus stable que Fedora, étant une Redhat Linux Entreprise sans support. La version actuelle (5.5) est bien (OpenOffice 3.1 en particulier), mais un peu ancienne en termes de logiciels, j’allais régresser sur certains d’entre eux (Gnome, Thunderbird). Cela aurait été la version 6.0 de RHEL qui devrait sortir dans quelques mois, le choix de ne pas la prendre aurait été plus difficile. Enfin, là aussi : Non.
  • Linux Mint : dérivée de Ubuntu Desktop, c’est une version très jolie niveau design, et qui propose quelques fonctionnalités sympas (en particulier son menu Démarrer). L’ennui c’est que la version Alternate n’existe pas, cette version « Alternate » de Ubuntu permet en effet d’installer un Desktop avec un disque chiffré niveau bloc (ce que j’utilise). Conclusion Non.
  • Debian : il restait donc Debian, la distribution « source » de Ubuntu. Mes craintes avec Debian était le bon fonctionnement de ma carte Nvidia et le wifi sur mon Dell E6500. C’était de fausses craintes, car bien qu’il faille taper quelques lignes de commandes pour les installer, cela a fonctionné du premier coup (la méthode sur le wiki Debian ici et ici). (NB. J’ai d’abord testé une installation complète de Debian sur mon portable mais avec un autre disque dur, histoire de pouvoir faire un retour arrière par simplement changement de disques.) Pour le reste, les paquetages Debian ont le même nom que ceux de Ubuntu (c’est bien normal, puisqu’ils proviennent généralement de Debian). J’ai choisi la (prochaine) version 6.0, appelée Squeeze (ou testing) car elle a été gelée en juillet 2010 d’un point de vue fonctionnalités, ce qui lui confère déjà une très bonne stabilité (cf. versions Debian), et que les développeurs Debian sont en train corriger les bugs restants afin d’avoir une sortie officielle vers fin d’année 2010 ou début de la suivante. Cette version amenant par rapport à la version 9.10 de Ubuntu, de nouvelles mises à jour des logiciels que j’utilise (OpenOffice, Thunderbird (Icedove sous Debian)) Pour Firefox (Iceweasel), j’ai pris le risque d’installer la version du dépôt expérimental (la 3.6 au lieu de la 3.5).

Voilà, donc depuis une semaine, je suis passé sur Debian Squeeze. J’en suis satisfait. Je n’ai pas de problème de fonctionnement (et puis si il y a en a un, je le corrige (rappel je suis certifié LPIC-1 et je prépare la LPIC-2) ;-))

Je n’ai pas de pincement de coeur malgré la sortie de Ubuntu 10.10 aujourd’hui. J’ai l’impression d’avoir plus de liberté avec une Debian par rapport à Ubuntu par rapport aux choix des logiciels que je veux. Je crois aussi que l’affaire de la création de LibreOffice (fork de OpenOffice.org) dû au nouveau lien avec Oracle / OpenOffice, a aussi contribué au choix de Debian.

Debian n’étant pas affiliée à une société, ayant en plus, 17 ans d’existence, a et aura une durée de vie permanente quelque soit les aléas des évolutions (enfin je pense).

Voici donc l’histoire de mon basculement vers Debian (depuis seulement une semaine). L’avenir me dira si c’est un bon choix.

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2 commentaires

  1. Aldian dit :

    Tiens c’est marrant, j’ai exactement la même problématique que toi. Sauf que jusqu’à présent, je l’ai résolue en restant sur Ubuntu 9.10. De toute manière je n’aime pas tant que ça avoir les derniers logiciels. Parfois des évolutions entrainent des pertes de fonctionnalité. Et puis moi non plus je ne suis pas fana des nouveaux thèmes ou des trucs sociaux et je trouve que la distrib prend une orientation qui ne me plait pas trop. Plus que tout, j’utilise moi aussi Ubuntu comme poste de travail, et j’en ai assez des foutus bugs qui se produisent immanquablement à chaque upgrade parce que la version n’est jamais assez stable, ce qui fait que de toute manière j’attends au moins trois mois avant de tenter l’upgrade

    Je suis aussi allé voir ce qui se faisait autour. Debian, j’ai testé la 5.0 il y a un an, et j’en garde un très mauvais souvenir, vu que ni le wifi ni la carte graphique ne marchaient. En plus c’était franchement moche comme environnement graphique par défaut dans gnome. Alors je me suis dit que j’allais tester Fedora, car des fois qu’un jour mon entreprise passe sous redhat, j’aurais déjà un peu d’expérience, et puis il parait que c’est plus adapté au développement. Mais j’arrive pas à la faire tourner dans VirtualBox, ce qui me décourage de pousser plus loin.

    Donc en attendant de me motiver pour faire d’autre tests, je reste sous Karmic 🙂

  2. Milamber dit :

    Merci pour ton commentaire. Je suis content de voir que je ne suis pas le seul 😉

    Debian 5.0 c’est en effet une régression par rapport à Karmic. Comme dit, j’ai pris la futur debian 6.0 mais il y a encore pas mal de maj de paquetages (quelqu’uns par jour en ce moment). Je pense que les développeurs Debian sont en train de finaliser car la sortie sera autour de Noel. Toujours est-il que je n’ai pas de problème de stabilité avec mon Debian « beta » 6.0 (aucun plantage de OpenOffice, Thunderbird, Firefox ou Nautilus par exemple).

    Je conseille de jeter un oeil sur Linux Mint, c’est joli graphiquement, et semble être plus soigné sur la stabilité.
    Pour Fedora, la version 14 est sortie aujourd’hui. Mais là aussi (comme Ubuntu), les versions « juste sortie » ne sont pas toujours stable. L’opportunité serait d’attendre la sortie de RHEL 6.0 (debut d’année 2011 je crois) et de prendre la version open source CentOS 6.0 qui sortira environ 1 à 2 mois après (soit vers avril 2011 qui sera la date de fin de support de Karmic c’est Ubuntu)
    J’ai testé la béta 1 de RHEL 6.0, elle répond à mes besoins.

    Mais je préfère toujours de même reste sur une gestion de paquetages à la Debian en tant que desktop, car je travaille avec beaucoup de RHEL sur des serveurs et je veux garder la main sur Debian (je prépare tranquillement la certif LPIC-2)